Dimanche 3 mai 2009
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15:36
Je ne sais pas si c'est la régle n'ayant connu qu'un etablissement psychiatrique, mais celui que j'avais frequenté avait sa cour des miracles. Un endroit ou l'on pouvait se procurer toutes les
matieres illicites a la vue et a la connaissance de tout le monde. Ce lieu s'appelait la cafetaria. Les drogues douces ou les substances palliatives aux drogues dures changeaient de main tous les
jours a cet endroit et alimentaient tout l'hopital. Les substances arrivaient par des éléments externes a l'établissement qui avaient pris leur quartier dans ce lieu commun. Je n'ai personnellement
pas abuser de ces drogues tout au plus 2 ou 3 fois sur la durée de mon séjour. Je preferais acheter une bouteille d'alcool fort et la dissimuler dans mon placard pour la periode des longs weekend.
Cet état de fait n'était pas sans poser des problèmes bagarres, reglements de compte, intrusion dans les pavillons. Pour y remedier, tous les pavillons sont maintenant hermetiquement clos avec des
portes et des barrières grillagés. La drogue circulait aussi a la prison, mais les tarifs étaient nettement plus élévés. Ne fréquentant plus l'hopital que de maniere sporadique, je ne connais pas
la situation a l'heure actuelle, suite aux modifications qui ont eu lieu.
Par archeron
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Dimanche 11 janvier 2009
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17:06
Periode difficile pour moi, cette année, j'espere eviter l'arret maladie d'un mois. Je repasse regulierement dans mon ancien lieu d'internement pour rencontrer ma psy. Un barriere grillagé de 2
metres a été remis autour du jardin devant le batiment. Rien a voir avec les évenements récents diffusés dans les journeaux, la barriere a été remise plus pour proteger les patients et le personnel
hospitalier contre les elements exterieurs que pour empecher les fugues. Les fugues et les drames commis par des hommes ou des femmes atteint de maladie mentale font les gros titres de toute la
presse ecrite (j'ai pas la tele mais je pense que c'est pareil), un peu comme les chiens dangereux ont fait les gros titres il y'a à peine un an. On ne parle jamais des malades mentaux qui se sont
sucides a leur sortie de l'hopital, de ceux qui finissent dans la rue, parce que on manque cruellement de place dans l'unité et qu'il faut faire un choix en fonction de l'evolution de leur maladie.
Les seules patients sur lesquelles, on ne tergiverse pas ce sont les HO car il faut que le patient rencontre des experts avant de pouvoir le laisser partir. Malheureusement, ce sont aussi ceux qui
ont prouvé à la société leur dangerosité pour eux mêmes ou pour autri. Je pense que nous ferons encore longtemps les gros titres.
Par archeron
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Publié dans : la vie en institut specialisé
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Mercredi 3 décembre 2008
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15:26
Je viens d'ecouter l'interview du docteur Olivier Boitard. Ils s'inquietent des mesures prises par le gouvernement sur les sorties d'essai. Même si il ne semble pas globalement contre le fait que
les autorisations soient demandés par une assemblée collegiale et non plus par le psychiatre referent, il a des craintes sur la mise en application de ce processus. L'environement en milieu
psychiatrique est un environement clos. Des essais étaient menés depuis de nombreuses années pour l'ouvrir vers l'exterieur et redonner espoir aux malades, mais dans la pratique, on cotoit les
mêmes personnes avec toutes les pathologies rencontrés dans l'hopital du matin au soir. Ceux qui ont visité des proches ou ont sejourné dans un hopital psychiatrique comprendront le sens de cette
phrase. Les sorties d'essai sont un gage de l'évolution de notre maladie et de la confiance qui s'est instauré entre le patient et le personnel hospitalier. Elles représentent une bouffée d'air
frais dans un environement qui est souvent difficile. Si une simple sortie d'essai de quelques heures ne peut être mis en oeuvre que un mois en avance, les rapports vont en effet certainement
devenir difficile et pas seulement dans les UMD . Le patient ne se projettant rarement dans l'avenir, se focalisant le plus souvent dans l'instant present.
Par archeron
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