Partager l'article ! biographie d'un "déséquilibré": Si j'ai pris l'initative d'ouvrir ce blog, c'est avant tout suite aux évenements et aux réactions des milieu ...
Si j'ai pris l'initative d'ouvrir ce blog, c'est avant tout suite aux évenements et aux réactions des milieux politiques suite aux tristes evenements survenus ces dernieres semaines avec pour principal acteur le milieu psychatrique en France. Je n'ai pas d'idée preconcu sur les principales mesures qui ont été devoilé a la presse aujourd'hui. Je me bornerai à vous décrire mon parcours dans un milieu que je connais helas bien.
Pour commencer, je vais vous faire une description rapide de ma personne. Je suis un homme de 35 ans habitant en ile de France, bien integre socialement qui suit un traitement medical lié aux maladies mentales depuis 5 ans avec un suivi psychatrique non obligatoire. J'ai de nombreux amis que j'apprecie, même si peu sont au courant de mon passé et de mon traitement. J'ai un logement, un emploi, je mene une vie sans histoire, je pourrai être votre voisin.
Voila pour la description de l'instant present, maintenant je vais revenir quelques années en arriere, pour être exact 8 ans en arriere. Les symptômes de ma maladie mentale se sont déclarés a peu pres dans cette periode la, bien qu'il soit difficile pour moi de donner une date a la déclaration de ma maladie, les symptomes prenant place dans mon quotidien de manière insidieuse en modifiant ma réalité sans prise de conscience de cet état de fait, pour simplifier mes premieres crises d'angoisse et mes premieres bouffées délirantes sont apparues dans cette periode. La, je peux vous assurer que si j'avais été votre voisin, vous m'auriez redouté. Mes crises étant la plupart du temps dirigé vers mon entourage proche. Mes crises de paranoia et de schyzophrenie se sont accentués pendant 2 ans, sans aucune pris en charge de soin en cachant mon etat à ma famille et à mes proches. Paris est une ville très peuplé, mais malgré mes crises de rage pourtant très violente, je n'ai jamais été inquièté par les pouvoirs publiques. Une seule crise s'est soldé par un banal contrôle d'identité sans suite. La maladie empirant, j'ai fini par perdre mon emploi et mon logement. Ne pouvant plus cacher ma maladie a mes proches, ils s'en sont tres vite inquiété et m'ont exhorté à aller consulter mon medecin de famille. Mais en pleine crise, les conseils medicaux et les medicaments prescrits n'ont eu aucun effet sur moi. Mon errance dans mes psyhoses ont eu une fin tragique, j'ai commis un crime de sang sur une personne très proche de ma famille. J'ai donc été arreté et incarcéré en qualité de prevenu pour homicide volontaire. La, suite a une premiere expertise, j'ai été placé au SMPR. J'ai recu mes premiers soins psychatriques, et j'ai connu mes premieres visites chez un psychiatre. J'ai connu une deuxième expertise collégial de 2 experts, qui m'ont reconnu irresponsable au moment des faits. Ils ont déclaré que j'avais perdu mon discernement. Apres 10 mois en prison, j'ai été libere avec un non-lieu et placé dans un hopital psychatrique en hospitalisation d'office. L'hospitalisation d'office est requis par le prefet de votre departement, quand vous presentez un risque pour vous même ou pour autrui avec obligation de soins. Les premiers mois dans l'hopital se sont passés en milieu fermé, j'avais interdiction de sortir sans être accompagné par 2 infirmiers. Je tiens a préciser que je n'ai pas été en UMD( unité pour malades difficiles). J'étais interné avec des patients qui présentaient des phases de depression, des personnes agéés sénile pour qui on attendaient de trouver une place dans un etablissement spécialisé, des alcoliques etc ...
Après 4 ou 5 mois d'hospitalisation, j'ai eu mes premieres sorties d'essai a l'interieur de l'hopital reglémentés et suivi par le personnel hospitalier. Ma psychiatre et mon infirmiere référent avait la lourde responsabilité de jauger mon état et de m'octroyer des heures de liberté. Au bout d'un an et demi, j'a pu avoir mes premieres soties d'essai, cad en dehors de l'hopital. Je me rendais dans une association qui venait en aide aux personnes atteintes de maladie mentale par mes propres moyens sans aucune surveillance avec des heures de retour précise a respecter. Il est important de préciser le rapport étroit que vous entertenez avec votre psychiatre durant cette période. Elle a pour tache de vous soigner et elle est aussi les yeux et les oreilles des pouvoirs publics. Rien ne peut se faire sans son assentiment. J'ai eu la chance d'être prise en charge par un psychiatre avec laquelle je m'entendais tres bien et qui avait une réelle volonté de m'aider et avec qui je pense une confiance réciproque s'est instauré au fil des mois.
Apres 2 ans a l'hôpital, j'ai émis le souhait de rechercher un emploi. Contre toute attente, ma psychiatre a accepté cette démarche et m'a octroyé des sorties d'essai pour trouver un emploi. Les démarches pour trouver un emploi et m'inscrire a l'ANPE ne furent pas aisées, mais avec l'aide d'une assistante sociale de l'hopital et de l'association des relais du coeur pour obtenir une adresse fictive. J'ai reussi a obtenir un emploi, mon employeur n'étant bien sur pas au courant que je retournais tous les soirs dormir a l'hopital, ni de mon passé. Mon quotidien se résumait donc à une emploi rémunéré dans la journée, et une chambre dans l'hopital la nuit. Avec l'aide du personnel hospitalier, j'ai pu mener cette double vie pendant un peu plus d'un an, jusqu'a ce que sur ma demande, la psychiatre m'autorise a chercher un appartement.
Dès que j'ai pu obtenir un appartement, on m'a octroyé des sorties d'essai d'un mois. Je tiens a préciser que j'etais toujours en HO avec obligation de soins et de suivi psychiatrique.
Cinq ans apres mon crime de sang, mon HO a été levée sous la houlette de 2 experts mandatés par le prefecture et suite au rapport de mon psychiatre référent. Voila je n'ai plus maintenant
obligation de soins, ni de suivi, je reste toujours très attaché a mes visites mensuelles chez ma psychiatre. Cela représente pour moi, une aide et une écoute, ainsi qu'une sécurité.
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